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Le séjour à AIT-SAID

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Ecrit par M. MEKACHER Salah

 

 Le commandant Si Mohand OUELHADJ se portait bien et entretenait la conversation avec tous ses visiteurs. II ne souffrait d'aucun handicap. Il me souhaita la bienvenue et m'invita à profiler d'un peu de répit avant de commencer nos travaux : car me confia-il, les activités se sont arrêtées et tout retard supplémentaire nous serait préjudiciable.

Nous étions les hôtes d'une grande dame (Ouardia Ait Atmène ou Ouardia Lhadj Boudjemâa (femme de Sadaoui Tahar Oulhadj), assistée de ses deux filles Aichouche et Zedjiga. II y avait aussi un jeune garçon de 6 ans son fils, Salem (Salem Outahar). Nous bénéficions de toutes les commodités. Deux mousseblines voisins de cette habitation, messieurs Lakhdar SADAOUI et Salah HAMMOUCHE, réglaient toutes les affaires du quotidien, surtout en matière de sécurité. Dehors, il faisait froid. C'était l'hiver et la neige enveloppait le village d'un grand linceul. Dans la place, coulait sans arrêt une grosse fontaine ACHERCHOUR (Abassin Alemas)  et son chant me berçait au moment ou je m'assoupissais. Si Mohand Said, le fils aine du commandant nous rendait souvent visite en alternance avec son adjoint l'aspirant Si Mohand Said NATH ALI N'TABOUDA. Un officier de grande stature très estimé du commandant. Leurs longs entretiens durant une grande partie de la nuit, en apartés, exprimaient mieux que tout autre jugement, le degré de confiance et de considération qui liaient les deux hommes. Si Moh Said NATH ALI N'TABOUDA m'était sympathique. Drape dans son costume d'apparat, il était resplendissant de sante et la force qui se dégageait de son port altier lui donnait une assurance et un calme qui signalaient aux regards bienveillants sa bravoure et son intrépidité à accomplir les missions les plus délicates et les plus dangereuses. Vraiment un brave parmi les braves !

1.6- Les débuts des travaux. Une épreuve d’examen oral.

Le travail qui m'attendait en priorité et qui préoccupait beaucoup Si Mohand OUELHADJ fut le courrier. Un grand sac était rempli de lettres en provenance de toute la Wilaya. II fallait les lire, les classer, puis informer le commandant du contenu du courrier urgent. Je me mettais toujours à sa droite parce que c'était sa préférence. Les lettres étaient écrites en arabe et en français. Je commençais a lire sans précipitation et en articulant; a la demande du commandant, je traduisais en kabyle, quand je le pouvais. De temps en temps, s'apercevant peut-être de ma fatigue, il réclamait une pause et m'offrait une tasse de café.

Pour détendre (atmosphère, il aimait écouter mes bavardages a bâtons rompus et notamment, mes analyses et mes appréciations sur les événements entourant r affaire des factieux.

Nos travaux se déroulaient normalement a la grande satisfaction du commandant qui me combla de compliments. Le retard a etc. résorbé et depuis, je devais me préparer a trouver les éléments de réponse a soumettre au commandant, pour avis et appréciations avant d'entamer la rédaction de la lettre.

Généralement, le commandant était de bonne humeur. Ce jour la, il fut particulièrement ouvert et me demanda à brule pourpoint:

- Expliques-moi, Si Salah ! Ce qu'est l'intérim ? Que veut dire le mot intérim ?

C'était la première interrogation que le chef du commandement de la Wilaya m'adressait sous forme d'une question d'examen oral. II n'y avait pas de difficulté en la matière, mais devant I’ attitude attentive et attentionnée du commandant, je compris qu'il fallait expliquer beaucoup et que peut-être, il fallait donner un aperçu juridique sur le concept du mot intérim additionnelle ment a son interprétation littérale. A la fin de mon expose, je pense avoir franchi l’épreuve avec succès puisque, me semble t-il, le commandant était réconforté dans ses convictions.

Mais pourquoi donc cette question sur l'intérim ? Le commandant MIRA commandant militaire est tombe au champ d'honneur en novembre dernier. A l’époque, effectivement il y avait bicéphalisme au niveau du commandement. Le commandant Si Mohand OUELHADJ était chef du conseil du commandement de la willaya par intérim. L'arrivée du commandant MIRA, commandant militaire n'a pas suspendu pour autant I’ intérim. Mais après sa disparition, le commandement reste dévolu au seul commandant en place, en 1'occurrence le commandant Si Mohand OUELHADJ.

II me semblait comprendre a travers l' interrogation sur l’'interim, qu'en définitive pour affronter la nouvelle situation créée par JUMELLES et la sédition, après la bleuite et la mort du colonel AMIROUCHE et du commandant MIRA, le commandant Si Mohand OUELHADJ voulait exprimer que l’intérim était dépassé et ne répondait plus aux exigences du moment lesquelles réclamaient un pouvoir fort et sans Equivoque. Cela ne pouvait être qu'une confirmation dans le grade du chef de conseil de commandement, a savoir, la promotion au grade de colonel, chef de la Wilaya. J'avais pense" juste et les événements m'ont donne raison.

II était plus facile de lire les lettres et d'expliquer leur contenu. Répondre n'était guère aisé. II fallait deviner les prédispositions du commandant pour le règlement d'une affaire donnée et déchiffrer les consignes a travers les généralités exprimées en kabyle. Je voulais mériter la confiance qu'il a placée en moi et surtout, témoigner de ma gratitude. J'étais donc, applique" dans mon travail et studieux. Nous serons cependant, dérangés dans nos travaux a deux reprises par l'ennemi qui fit irruption au village et nous obligea a nous refugier dans la cache conçue spécialement pour nous abriter dans de telles circonstances.

Ces incursions rapprochées de l'ennemi en plein hiver, firent réfléchir le commandant qui décida alors d'abréger notre séjour à AIT-SAID. Malheureusement, les dispositions de remplacement prévues n'étaient pas encore prêtes, et demandaient encore du délai pour leur achèvement correct et sans bavure. Le commandant se résigna a accepter les délais complémentaires et se soumit a cette conjoncture défavorable. Néanmoins, il donna des ordres très précis à son entourage.

-          Faites de telle sorte à ce que les mouvements des groupes de l’ALN soient éloignés  d’AIT-SAID et qu'un calme apparent s'installe tout autour. Ses ordres furent exécutés la lettre et notre séjour se prolongera à AI'T-SAID sans dommage.



 
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