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Mohand Arab Ath Ali Oussaïd

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Hommage à Mohand Arab Ath Ali Oussaïd (SADAOUI MOHAMED pour l'état civile)


Son enfance

Mohand Arab est né le 19 Mai 1923 à Ait Saïd
Fils d’Arab et de KACHER Melha
Il n’a pas de frère, par contre il avait 8 sœurs, respectueuses de leur frère qui lui vouait une grande affection
A 6 ans, il est inscrit à l’école de Tslatha près d’ait ikhlef
L’instituteur M. SALHI ; ami à son père, est au petit soin avec le jeune Mohand
Il est dispensé des corvées que faisaient pratiquer à l’époque le maître pour ses élèves
Soins et entretiens des potagers et du verger de l’instituteur.
Mohand est séduit par la grammaire, l’arithmétique et les récitations.
Le maître communique avec ses élèves aussi bien en français que dans leur langue maternelle
Naturellement les jeunes, très peu ou pas du tout francophone, mais berbérophone de naissance, trouvaient plus aisé de s’exprimer en kabyle. Cela dès lors ne facilite pas pour eux l’acquisition de la langue de Molière


C’est peut être l’une des causes des résultats scolaires plutôt médiocre des enfants
Après 5 ans d’études, Mohand détient les bases qui lui permettront d’affronter la vie et de pratiquer la langue usuelle du français
Plus tard, les échanges lors de ses séjours en France et à Sétif, lui offriront d’autres connaissances en syntaxe et enrichiront son vocabulaire
La mort de sa mère, alors qu’il n’avait que 11 ans l’avait profondément affligé. Dans son chagrin, il se dépassionnera pour ses études
Très jeune, il travaille alors les arpents de terre qui appartiennent à sa famille
Labours, fenaisons, moissons et cueillettes des olives
Il tiendra aussi la paire de bœufs pour le labourage des champs
Les ressources de la grande famille (oncles et cousins) étaient limitées, mais suffisantes pour une vie simple, sans faste.
Une partie des ressources provenait du produit de leur terre.
La famille est sortie de la précarité, lorsque le père Arab, diplôme en construction métallique en 1902 exerça en France et à Sétif en qualité de contremaître dans de grands ouvrages d’envergures
Sa mère Melha Ait mohand, à l’instar des paysannes de l’époque est polyvalente ménagère, jardinière et aussi tisseuse
A l’époque la vie quotidienne au village na pas encore été marquée par les commodités de la « way of life » occidentale
Les vêtements sont traditionnels « tajelabt », est tissée par sa mère, et en fait légitiment l’objet de sa fierté
L’enfant est bien élevé, sage et soigneux. Il a sans doute hérite des dons de son père
La crainte teinte de respect pour son père lui impose une conduite qui l’éloigne des mauvaises fréquentations
A la manière des ascètes, le jeune Mohand aime se retirer en des lieux solitaires
Il est souvent dans les champs piochant et entretenant figuiers et oliviers
Il greffe à sa guise des boutures d’oliviers, dont on voit aujourd’hui de beaux spécimens à Azaghar et Nezla ouamrane


Jeunesse et prise de conscience

Il voue un respect immense aux grandes personnes, auxquels il empreinte de leur sagesse
Il percevait les mots des anciens comme des clés qui permettent de comprendre et d’harmoniser le monde. Des gardes fous qui protègent du précipice
Les valeurs morales ainsi codifiées détermineront en partie la personnalité et la conduite de Mohand Arab
Il parle peu, écoute beaucoup, et à l’occasion s’exprime toujours avec son petit sourire
Très jeune, il marqua un amour profond à son grand père Ameziane
Ainsi écolier, le bout de pain qu’on lui remettait le matin en partant à l’école ; il le gardait, pour le redonner à son retour à son grand père
Son grand père vieillard, aveugle vers la fin de sa vie à était très touché du geste de son petit fils
Son grand père un jour à l’adresse de Mohand Arab lui fit ;
« Mon fils ton pain à toi sera blanc, il ne sera jamais noir, et tu vivras dans le bien être, aisance et opulence »

Son père est un professionnel de renom dans la mécanique et la menuiserie
Mohand Arab voulu suivre son père pour apprendre son métier
Son père l’en dissuada. Il ne voulait pas d’un emploi pénible et dur pour son fils
Il voulu le destiner à poste de bureau dans l’administration

Emigration

L’adolescent Mohand Arab quitte le village pour aller s’employer en France
Il débarque ainsi à Marseille à l’age de 18 ans
Le voyage pour les migrants de l’époque est déjà un calvaire
Il faut passer par des formalités et des tracasseries administratives dissuasives
Obtenir une carte d’identité après le passage oblige du caïd et du fonctionnaire de la commune mixte
Traverser la méditerranée à bord d’un navire à charbons, inconfortable et sur une chaise longue durant 30 heures
Sous l’œil vigilant et protecteur de son oncle Hadj Hend, il est engagé dans un chantier naval comme peintre sur bâtiments à Port Vendres (près de Marseille)

Le voila sa première migration, il rompt le lien ombilical qui l’a toujours rivé à Ait Saïd
C’est la pour lui une césure dans sa vie
Mohand Arab comme le veut la tradition, remet sa paye à son oncle
Quelques mois plus tard son oncle devant rentrer au pays l’appelle pour le remplacer dans le restaurant qu’il exploitait rue des chapeliers.
Il regagne Marseille, ou il retrouve les ouvriers algériens ; et avec ses clients, il retrouve les mots du village.
Le restaurant est un microcosme, ou les émigrés du village refondent l’assemblée du village et où ils ne se sentent plus dès lors tout à fait à l’étranger
Mohand Arab jusque la ouvrier, poussé par la responsabilité de son oncle, et aux contacts avec les autres commerçants se découvre un homme d’affaires hors pairs
En l’absence de son oncle, il s’engage dans l’achat (avec facilite de paiement) d’un hôtel de 50 chambres avec restaurant dans un grand boulevard de Marseille
Il y fit l’inventaire avec l’ancien propriétaire et commença à travailler
Il n’attendit que le retour de son oncle pour effectuer les formalités d’actes
Hadj Hend arrivant du bled trouva Mohand Arab outrepassant ses prérogatives
Il le sermonna par de violentes réprimandés et lui enjoint de quitter immédiatement l’hôtel
La tentative qu’il croyait prospère pour la famille n’a pas été un succès
Accablé, ses regards se portent désormais vers l’autre rive de la méditerranée

Service militaire

Rentré au pays, il est appelé au service militaire
Il est affecte à El Asnam (chlef) un mois plus tard il est mute à Djelfa
Son père lui rendant visite immédiatement après, par un mois d’hiver découvre Djelfa
Il jura qu’il n’avait pas ressenti un froid aussi vigoureux en France que dans cette ville
Son père se démena auprès de ses connaissances pour le faire muter de cette ville
Mohand rejoint ainsi 1 mois après Alger, et affecte au cercle des officiers (de la jenina) square port said
Sa gentillesse et se tenue le propulse maître d’hôtel
Il est à signaler que dans ce foyer exerçaient aussi son oncle Mohand ameziane et Saidi Omar
Au bout de 4 mois ; il est démobilisé, rendu à la vie civile, tout en gardant son poste dans ce foyer
Sa maîtrise dans le travail, l’emmènera à s’occuper de l’aile réservée au maréchal Juin
A Alger, il entreprit une association avec Mohand Oul hadj ath el hadj l’acquisition d’une crémerie, puis un café restaurant en face de la préfecture (wilaya) d’Alger « le coq Hardy »
Cette période coïncidant avec les pires moments de la seconde guerre mondiale et le débarquement américain ; Les affaires n’ont pas prospérées

Son foyer

Marie à Azouaou Taous, de son foyer Mohand Arab aura huit enfants
Il était un père modèle
Il n’a jamais grondé ses enfants. Il était toujours aux petits soins avec chacun.
Ses enfants d’ailleurs, le lui rendront bien durant sa vie
Très pointilleux, sa passion était de prendre ses repas avec tous ses enfants. Il ne tolérait aucune absence ou retard
D’ailleurs, il quittait son travail à l’heure du repas, quelque’ en soit la situation

Sétif, le 5 juillet 1962


Installation à Sétif

La fin de la seconde guerre mondiale proclamée, son père lui conseille de rejoindre Sétif
En effet son beau père Idir Ath ougawa, élu Amghar el arch est souvent appelé au village et au douar pour régler les problèmes de la collectivité
Pour ses absences, il est à la recherche d’un élément de confiance et de sérieux pour le remplacer
Mohand rejoint donc Sétif, abandonnant ses affaires à d’Alger.
Il se forme au contact avec son beau père aux règles de la comptabilité et de la gestion des comptes des moulins Audireau
Il reçoit régulièrement du courrier du bled de son père l’exhortant à bien se comporter et de respecter son beau père
Au bout de quelques mois, son beau père le sachant complètement intégré lui confie tout le travail ; et ne supervisait que de loin les opérations.


Le sentiment nationaliste est très épanoui chez lui
Endoctriné par son oncle Mohand ameziane à Alger ; il a sa carte du PPA, et avait appris par cœur les chants nationalistes
En 1945, à Sétif, lors du défilé du 8 mai, Mohand Arab s’affiche dans la rue coiffe de son « Fès » symbole du combat nationaliste
Cette coiffure, il la portera plus tard durant la révolution et après l’indépendance

La guerre de libération

La guerre de libération nationale algérienne éclate le 1 novembre 1954
Mohand est un politique résolu. Militant assidu
Un élément sur lequel l’organisation FLN fonde respect et de grands espoirs
Mohand est très apprécie des gens du peuple.
Attache aux siens, il était doux et affable
Il participa à des réseaux de transfert d’armes et de ravitaillement aux combattants
De par le poste qu’il occupait (commercial) il organisa des transferts d’armes et munitions par
camouflage à l’intérieur des chargements de semoule et pâtes en directions de différentes régions
Par ailleurs ; il était la boite postale de tout le courrier en provenance ou en direction de la wilaya 3
Il était la charge de mission de la Kabylie vers la willaya 1 et 2 limitrophes de Sétif
En outre, sous couvert de visites familiales, il se rendait régulièrement au bled
Les grandes opérations militaires et les périodes difficiles 1959, 1960, 1961 1962, ne l’ont pas empêché de continuer ses actions.


La mort de son père ; il avait 28 ans

A Sétif, par une froide journée de janvier 1953, Mohand Arab avait le cafard toute la journée
Le soir Mohand Arab est seul à la maison, son beau père absent est au bled. Malgré le froid, il sort faire un tour en ville. En flânant, il passe devant la place centrale de la ville, ou est dressé le chapiteau du cirque Amar
Il tente de dégager son stress de la journée, en s’entraînant découvrir les arènes du cirque.
Il prend un billet et pénètre sous le chapiteau
A peine installé, que grésillent les hauts parleurs annonçant qu’il est demande à l’entrée du cirque
En sortant, il voit AMARA Rabah le visage blême
Mohand compris que c’était grave.
D’un réflexe il lui fit ; il est arrive quelque chose à mon père
Rabah, essayant de chercher ses mots ; mais Mohand continua
Dis moi, dis moi c’est mon père
Rabah ; j’ai reçu un coup de fil (téléphone) d’azazga, ton père serait…
Mohand a compris sa douleur
Il décide de partir sur le champ, c’était onze heures du soir
Sans aviser sa sœur Djedjiga et son beau frère Mokrane ath ougawa qui résidaient Sétif, il prend un taxi, et direction le pays
La neige commençait de tomber
Arrive a Adekar, 3 heures du matin, la route est bloque par la neige
Il y avait par endroit jusqu’à un mètre de neige
Impossible de continuer en voiture
Mohand libère le chauffeur, et prend le risque de partir seul à pieds

Par moment, il veut couper le trajet vers Ait Saïd par la montagne à travers l’akfadou
Il connaissait le chemin, car son père qu’il avait accompagne ; alors qu’il avait que 12 ans avait fait acheminer le moulin tahouna d’ybouyousfène a travers cette montagne et depuis ce village d’Adekar.
Mais il se ravisa ; .le chemin est enneige ; et il risque de se perdre en pleine nuit
Il suit donc le tracé du chemin routier vers Azazga
Après avoir fait seul en pleine neige plus de 40 km à pieds, il arrive à Assif el hemam
Il entre dans une boutique café ; les vêtements compléments trempes
Mokrane Mohand oulhadj, une connaissance à son père le reconnu.
Le voyant dans cet état, il le prend par l’épaule, et veut l’emmener chez lui changer de vêtements
Mohand Arab en sanglots lui annonça la mort de son père
Mohand oulhadj est stupéfait ; il n’arrive pas a réaliser, lui qui avait vu son père quelques jours seulement avant à Azazga
La famille Mokrane est très puissante à Assif el hemam. Ce sont de riches commerçants
Mokrane avait composé une forte délégation , pour accompagner Mohand Arab vers Ait Saïd.
Ils s’engouffrent dans 2 voitures et un camion qui frayait le passage, car la neige ne cessait de tomber, et la circulation très difficile


Son parcours professionnel

Il a été chef de service des ventes des établissements Audireau jusqu’à l’indépendance
Après le départ des français, l’état ayant nationalisé les usines ;
Mohand Arab se retrouve chef du centre de distribution de la société nationale Sempac, pour la wilaya de Sétif

Il a servi avec dévouement, abnégation et sincérité

Contribuant à la formation de plusieurs cadres de l’entreprise
Son esprit brillant, sa parole respectée
Il a été d’une parfaite civilité en toute circonstance par son ouverture d’esprit Grâce à son expérience éclairante, il a été capable d’aborder les sujets les plus divers
Il avait un sens aigu de l’humour qui lui permettait de s’exprimer par quelque trait discrètement incisif
Personne très pieuse, tolérante, généreuse, courtoise, alliant modestie et discrétion en toute circonstance

Tous ceux qui l’ont connu, approché et travaillé avec lui
Se souviennent encore avec respect de lui ;
Et ils ne cessent d’évoquer à chaque occasion

Ce pilier et cet icône
Que fut
« Si Mohamed » MOHAND ARAB ATH ALI OUSSAID

 

Par Smail SADAOUI


 
 
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