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Dates, Coutumes et Traditions: Le Printemps berbére 1980

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1980, Le Printemps ... Berbére et la Chronologie des événements

Les berbérophones représentent de un quart à un tiers de la population algérienne. Depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, le pouvoir totalitaire algérien a mené une politique d’arabisation massive de l’administration et l’enseignement dans le but d’écarter les intellectuels francophones qui portent les valeurs démocratiques, d’imposer leur vision unique ( arabo-baâthiste ) et d’isoler l’identité et la langue berbère.

Mais malheureusement pour eux et heureusement pour nous, la Kabylie à fait naître des Hommes et des Femmes ( comme Taos Amrouche, Mouloud Mammeri et des membres de l’Académie berbère ) qui ont eux la réflexion sur la situation linguistique dans notre pays. En Algérie, la Kabylie regroupe la plus importante partie de berbérophones. L’université de Tizi-Ouzou, créée en 1977, a joué un rôle très important dans le combat identitaire en étant un lieu d’échange où on organise des débats et des concerts.

Le printemps berbère est le premier mouvement populaire spontané en Algérie indépendante. Il a ouvert la voie à une remise en cause du régime algérien et a préfiguré les émeutes de Constantine en 1986 et d’Alger en 1988. Sur le plan social, le mouvement a émergé une génération d’intellectuels engagés dans le combat démocratique dans le pays. Sur le plan culturel, le printemps berbère a brisé le tabou linguistique et culturel dans notre pays. Cette prise de conscience identitaire a également influencé les berbérophone du Maroc, en particulier les étudiants, qui commémorent chaque année le printemps berbère.


La Chronologie...

Chronologie des événements :

Le 6 et le 08 mars 1980, des troubles ont été constatés à la cité jeunes filles suite à un gala de Ferhat Imazighen Imoula.

Le 10 mars, les responsables de la Wilaya de Tizi Ouzou annulent, par ordre émanant de l'État, une conférence de l'écrivain Mouloud Mammeri sur la poésie kabyle ancienne.

Le 11 mars, la première manifestation en Algérie depuis l’indépendance a été organisées à Tizi Ouzou et des grèves décrétées en Kabylie et à Alger.

Le 16 mars, quelques 200 personnes défilent à Alger pour la culture et la langue berbère. La foule a été violemment dispersée.

Le 17 mars, après un gala, les étudiants de l’INH de Boumerdès adoptent une résolution soutenant la marche de Tizi-Ouzou.

Le 20 mars, un article signé KB paraît dans le quotidien El Moudjahid sous le titre "Les donneurs de leçons". L'auteur s'attaque à Mouloud Mammeri. Ce dernier adresse une mise au point que le journal ne publie pas. Ce texte paraîtra dans le journal Le Matin de Paris et la revue Amazigh N° 2 (Rabat - Maroc) sous le titre : "De la poésie à l'affrontement".

Le 24 mars, Abbout Arezki, syndicaliste à l’université de Tizi-Ouzou, a été arrêté par la police. Il fut le premier arrêté du mouvement.
• Le 26 mars, une nouvelle manifestation a été organisée par les étudiants à Tizi-Ouzou.

• Le 28 mars, les étudiants de l’INH de Boumerdès organisent une manifestation à la place des Martyrs, mais très vite dispersés par la police.

• Le 07 avril, une imposante manifestation a été organisée à Alger par Said Sadi, Ferhat Imazighen Imoula et Hassène Hirèche. La répression est féroce et la journée se solde par une centaine d'arrestations, de nombreux blessés et un mort. D'autres rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes en Kabylie. Une grève générale illimitée avec occupation des locaux a été déclenchée à l'université de Tizi Ouzou. Un meeting a été observé à la faculté centrale d’Alger pour protester contre la repression. Le FLN, à travers ces kasmas, condamne la marche et demande des sanctions exemplaires contre les manifestants.

• Le 08 avril, le mouvement s’étend aux lycéens. Une autre manifestation converge vers Alger, mais sans réactions violentes des forces de police.

• Le 11 avril, la vallée de la Soummam s’embrase suite à l’interdiction d’un gala de Ferhat Imazighen Imoula.

• Le 13 avril, les élèves du lycée Amirouche de Tizi-Ouzou se mettent en grève. Les travailleurs de l'hôpital envoient une motion de soutien aux étudiants.

• Le 15 avril, le personnel de l’hôpital de Tizi-Ouzou occupent les lieux et appel à une grève générale pour le lendemain.

• Le 16 avril, une grève générale a été décrétée en Kabylie. Le syndicat étudiant (UNJA) proche du gouvernement, dénonce des manifestants « téléguidés de l'extérieur ». Le ministère de l’enseignement supérieur lance un ultimatum aux étudiants pour reprendre les cours le 19 avril. Le même jour, les travailleurs de Sonelec, Sonelgaz, hôpital, Sonitex, Casoral, étudiants et lycéens, rassemblés en réunion, ont mit en place le comité populaire de coordination.

• Le 17 avril, dans un discours, le président algérien Chabli Bendjedid déclare que l'Algérie est un pays « arabe, musulman, algérien », et que « la démocratie ne signifie pas l'anarchie ». Le même jour, les grévistes sont expulsés de l'hôpital de Tizi Ouzou et des locaux de la SONELEC. Le chanteur Ferhat Imazighen Imoula a été arrêté à Dar El Beida.

• Le 20 avril, à 01 heure du matin, l'université de Tizi Ouzou et tous le lieux occupés sont pris d'assaut par les forces de l'ordre au cours de l'opération Mizrana. Les étudiants surpris dans leur sommeil sont assommés dans leurs lits. Le personnel de l'hôpital est arrêté et remplacé par des médecins militaires. Des rumeurs font état de 32 morts et plusieurs centaines de blessés. Une grève générale spontanée est déclenchée par la population. La Kabylie est paralysée. Des milliers d'arrestations sont opérées dans les milieux universitaires et "berbéristes", y compris à Alger.

• Le 21 avril, les affrontements commencent à Ouaguenoun, Mirabeau et Larbâa.

• Le 22 avril, des manifestants parcourent la ville de Tizi-Ouzou avec des banderoles pour la libération des détenus. Les CNS chargent les manifestants. Des barricades sont dressées. De durs combats ont lieu partout dans la ville.

• Le 23 avril, 4ème jour de grève générale. Des arrestations massives ont lieu partout. Des manifestants venus de Ouaguenoun affrontent les forces de répression à l'entrée de la ville de Tizi-Ouzou.

• Le 26 au 28 avril, la violence populaire atteint son paroxysme avec de grandes manifestations à travers toute la Kabylie.

• Le 1 au 10 mai, quelques détenus sont libérés.

• Le 10 mai, Matoub Lounès organise un gala de solidarité à l’Olympia.

• Le 12 mai, grève à la faculté centrale d’Alger.

• Le 16 mai, mise sous mandat de dépôt des 24 détenus.

• Le 20 mai, nouvelle grève générale à Tizi-Ouzou.

• Le 03 juin, pétition du comité International de soutien aux victimes de la répression en Algérie.

• Le 12 juin, reprise de l'agitation à l'université de Tizi-Ouzou avec Kateb Yacine et Ferhat Imazighen Imoula (libéré en mai).

• Le 26 juin, libération provisoire des 24 détenus.

• Le 01 au 31 Août, séminaire de Yakouren.

• Le 13 septembre, réunion chez Aït Abdelmalek entre Aïn El Hamam et le village Boudafal : Un tract est signé pour la première fois MCB (Mouvement Culturel Berbère) pour observer une grève générale pour le 28 septembre.

• Le 14 septembre, le coup d’envoi de l’arabisation des sciences sociales à l’université.

• Mi-septembre, Hend Sadi, Ferhat Mehenni et Ramdane Achab seront convoqués au service militaire. Le docteur Saïd Sadi sera muté à Khenchla.

• Le 26 décembre, un groupe de militants berbéristes dépose à la wilaya de Tizi-Ouzou les statuts d'une associa¬tion à caractère culturel dénommée Tiwizi (entraide). Une année après aucune réponse n'a été donnée par les autorités. Création du HCLN ( Haut Conseil de la Langue Nationale) sous la présidence de Abdelhamid Mehri. Sa mission est d'appliquer la résolution du Comité Central du FLN de juin 1980.


 

 


 
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