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Dates, Coutumes et Traditions: Temmam

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CONTEXTE SOCIO-CULTUREL : LES TEMMAM

 

La plus petite cellule sociale, plutôt le ménage est la famille au sens large (AKHAM) ce terme désignant la maison, et par extension tous ceux qui l‘habitent.

On ne saurait exagérer l’importance de la famille au sein de la société kabyle :

Source de sécurité pour l’individu, elle est aussi un élément de continuité pour la société toute entière.

Plusieurs familles liées par une descendance commune, sur plusieurs générations :

On se compose pour former THAKHEROUBT

Il arrive cependant qu’autour des descendants de l’ancêtre, se groupent des familles de noms différents

Le répondant de THAKHEROUBT est le TAMEN qui la représente aux assemblées de TADJEMAAT L LOQUAL.

Le TAMEN est le répondant du village vis-à-vis de la KHAROUBA, et de celle-ci vis-à-vis du village

Plusieurs KHERBA (pluriel Takheroubt) peuvent avoir des liens de solidarité supplémentaires

Elles se groupent alors en ADRUM (pl IDERMA)

Plusieurs IDERMA forme le village dont le responsable est l’AMIN, agent d’exécution des décisions de la TADJEMAAT

(maintenant l’AMIN est remplacé par le président du comite de village)

L’ensemble des villages constitue l’ ARCH (tribu)

Dont le nom est celui probablement d’un ancêtre

Autrefois l’ ARCH, avait son assemblée composée des représentants des villages

En conséquence : les TEMMAM sont résumés comme suit dans les ouvrages A. HANOTEAU et A. LETOURNEUX

Les temmam sont les auxiliaires de l’amin dans les détails de son administration ; il lui doivent obéissance, et sont responsables envers lui de ce qui se passe dans leurs kharrouba.

Leur surveillance s’étend aussi au reste du village, et bien qu’ils n’aient pas, dans les cas ordinaires, qualité pour réprimer directement les délits, ils n’en sont pas moins redoutés : on sait qu’ils rendent compte à leur chef, et que témoignage, comme la parole de l’amin fait foi devant l’assemblée.

S’ils dénoncent les fautes commises par les membres de leurs kharouba, ils sont en même temps leurs défenseurs naturels ; dans les questions dimpots, de corvées, de prestations en nature, de tours de garde ou d’hospitalité, ils veillent à ce que leurs interets soient sauvegardés et leurs droits respectés ;

Ils plaident leur cause dans le conseil des notables et devant la djemaa, lorsque les accusations ne leur semblent pas suffisamment établies.

La part qu’ils prennent à l’exercice du pouvoir intéresse les temmamn à faire respecter l’autorité pour laquelle ils sont de précieux intermédiaire. Dans beaucoup de cas, leur intervention amicale adoucit, chez leurs parents, l’irritation produite par les mesures qui leur paraissent trop sévère, ou même injuste. Si un homme s’obstine, comme il arrive souvent, à ne pas payer l’amende, le tamen de sa kharouba se porte garant, paye pour lui et se fait rembourser quand le temps et la réflexion ont fait tomber la colère.

Les perceptions de certains impots, des amendes, etc., sont faites, dans l’intérieur des kharouba, par les temman. Ils en sont comptables envers l’amin, auquel ils évitent ainsi les soucis des petites récriminations.

Le rôle des temmam, il est supplée provisoirement par un de ses parents que l’amin désigne. S’il y a lieu de pourvoir à un remplacement définitif, pour cause de décès, d’incapacité, de négligence ou de mauvaise conduite, l’amin se concerte avec les membres de la kharouba et s’éclaire de leur avis.

Lorsque l’amin doit faire tamen, qu’il choisit, et il en donne avis à la djamaa.

Les fonctions des temmam sont gratuites, comme celles de l’amin ; elles ne leur imposent cependant aucune charge et leur assurent meme quelques avantages auxquels les kabyles sont très sensibles, le droit , par exemple, de prendre leur part de tous les repas offerts aux hotes de distinction, et d’être exempts de travail corporel dans les corvée d’interet public.

Dans les villages ou l’amin prête serment avant son entrée en fonctions, les temmam sont soumis à la même formalité.

Livres de références:
*P.BOURDIEU : Sociologie d’Algérie ; chapitre sur la kabylieI
*BN KHALDOUN : Histoire des berbers = les tribus marquantes, ou il cite les AT IDJEUR
*HANOTEAU et LETOURNEUX : La Kabylie et les coutumes kabyles

Par, Smaïl SADAOUI.


 

 


 
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